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 Un cahier de prisonnier (8/12) de Andrej Koymasky

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nicowaterloo
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MessageSujet: Un cahier de prisonnier (8/12) de Andrej Koymasky   Lun 17 Nov - 19:04

CHAPITRE 8
Lorenzo se donne a moi pour toujours

Nous continuions à nous embrasser, nous caresser. Je sentais son corps frémir sous le mien, et c'était bon. Je sentais son désir pour moi et c'était bon. Je ne sus plus résister et il le devina, il s'ouvrit à moi et m'accueillit et il y avait dans son sourire tant de vraie joie que j'en fus inondé. Puis je pensais qu'il avait dit que la pénétration ne lui plaisait pas, physiquement, et je m'arrêtais.
"Qu'y a-t-il ?" demanda-t-il avec un regard préoccupé.
"Ça te gêne, non ?"
"Qu'importe ? Je m'habituerai. Continue, ça me plait."
"Ça te plait ?"
"Oui, juré. Et toi, tu aimes ?"
"Comme un fou."
"Alors vas-y, je suis heureux de te donner du plaisir, crois-moi."
"Mais je voudrais que toi aussi tu..."
""Pchht ! Je suis heureux, vraiment. Ne pense pas à moi."
"Je ne peux pas ne pas penser à toi : je t'aime."
"Moi aussi. Allez, à présent dis-le avec ton corps que tu m'aimes. Fais-le moi sentir, s'il te plait. Fais-moi sentir que je suis à toi, que tu me veux."
"Mais après, moi aussi je te voudrais en moi."
"Maintenant embrasse-moi, prends-moi et aime-moi."
Au matin, quand je me suis levé pour aller au kiosque, il dormait encore. J'ai hésité à le réveiller mais j'ai décidé de le laisser dormir. Je lui ai préparé un petit déjeuner et laissé un mot. Avant de partir, je l'ai encore admiré : c'était vraiment un très bel homme et il dormait avec une expression relâchée, tranquille, quiète, il souriait presque. Qui sait si ça durera et combien de temps ? je me demandais. Et bien... on verra bien.
Quand Paolo vint me remplacer, il lut le bonheur dans mes yeux. Je lui dis que Lorenzo avait dit qu'il m'aimait.
"Je suis content pour toi, Alberto. Je sais combien tu tiens à lui. J'espère que vous serez heureux ensemble. Tu me le présenteras ?"
"Bien sûr. Mais je ne sais pas si ça durera. Il est hétéro, en fait, et j'ai peur que tôt ou tard il reparte vers d'autres rivages."
"Ce n'est pas dit. Un hétéro, tu le sais bien, ça ne se donne pas. Il ne se donne pas quand il peut l'éviter, et personne ne l'a obligé à se donner à toi, ni avant ni encore moins maintenant."
Quand je suis rentré il n'était plus chez moi. Il avait tout rangé et il y avait une note sur la table. Il disait qu'il sortait chercher du travail et qu'il m'appellerait. Le mot commençait par "cher amour".
Il m'a appelé le soir. Il m'a dit qu'on lui avait promis à l'association de l'aider à trouver un travail, mais il avait quand même essayé à trois endroits, bien que sans succès.
"Tu as déjà mangé ?" je lui demandais.
"Oui, un peu."
"Tu ne veux pas venir manger un morceau avec moi ? J'allais me mettre à cuisiner."
"D'accord, je viens."
"Après tu peux rester de nouveau avec moi."
"Merci."
"Comme ça tu verras aussi Paolo quand il viendra m'apporter la recette. Je crois qu'il te plaira, c'est un garçon bien."
"Mais je lui plairai, moi ? Il pourrait me considérer comme un rival, tu ne crois pas ?"
"Il a toujours su qu'en réalité je t'attendais toi. Qu'entre nous il n'y avait pas d'amour mais que du plaisir."
"Il te plaisait beaucoup ?"
"Pas autant que toi. Nous avons été bien, ensemble, c'est tout."
"Je ne crois pas que je me laisserais un autre me prendre à toi, tu sais ? Tu es trop spécial pour que je te perde..."
"N'exagère pas. Viens plutôt tout de suite." Je lui ai dit, ravi à ses mots.
A son arrivé on n'a pas mangé tout de suite : on a fait l'amour. Il me caressait et m'embrassait de façon terriblement sensuelle.
Et il voulut encore que je le prenne : "Je veux m'y habituer vite." M'a-t-il expliqué avec un sourire tendre et chaleureux.
Pendant qu'enfin nous dînions, Paolo est arrivé. Je les ai présentés. Paolo est resté une petite heure et on a bavardé. Au début Lorenzo était un peu tendu, gêné, mais peu à peu il s'est détendu et chacun, à mon grand plaisir, a trouvé l'autre sympathique.
Paolo parti nous nous sommes couchés. Et enfin Lorenzo m'a pris. Il l'a fait avec la vigueur de sa virilité mais avec une douceur incroyable. C'était très bon. En me prenant, il me regardait, les yeux adorateurs, à l'évidence il voulait surtout me donner du plaisir à moi, bien qu'en ayant aussi beaucoup lui-même. Je me sentais terriblement heureux. Nous nous sommes endormis enlacés.
Juste avant que nous glissions dans le sommeil, il m'a dit : "Mais réveille-moi demain. Je veux continuer à chercher du travail. Je veux en trouver vite."
"Je regrette de ne pas pouvoir te prendre au kiosque avec moi, mais je ne peux pas renvoyer Paolo, il ne mérite pas ça. Et à trois, pour l'instant, il n'y aurait pas assez de recette..."
"Non, je ne veux pas que tu me donnes du travail. Je dois savoir m'en sortir tout seul pour être sûr de te mériter."
"Me mériter ?"
"Et oui. Je veux que tu sois fier de moi."
"Je le suis déjà."
"J'ai toujours vécu comme un bon à rien, je veux changer de vie, maintenant. Pour toi. Non, plutôt pour nous."
"On s'est rencontrés en tôle, ce n'est certainement pas devant moi que tu pourrais avoir honte : j'ai un casier judiciaire moi aussi, non ?" je lui ai dit avec un sourire tranquille.
"Mais tu étais innocent."
"Tu le crois ?"
"Bien sûr, je t'ai toujours cru. Moi, par contre, je ne le suis pas." dit-il et il se tut.
Nous nous sommes vite endormis.
Pendant la nuit je me suis réveillé plusieurs fois : je l'ai regardé, je l'ai caressé et lui, endormi, il souriait. Quand il dormait, mais aussi quand nous faisions l'amour, il semblait faire dix ans de moins : il avait presque l'air plus jeune que moi. Les sept ans d'écart entre nous disparaissaient comme par enchantement.
Il ne vint pas tout de suite s'installer chez moi. Pas avant d'avoir trouvé un travail. Néanmoins il restait dormir chez moi presque tous les soirs et c'était comme vivre ensemble, la seule différence était qu'il n'avait pas apporté ses affaires chez moi. Même sa brosse à dents, il l'apportait avec lui.
Quand il trouva enfin du travail, ce fut grâce à l'association pour anciens détenus. Il était magasinier dans une grande maison d'édition. Le salaire était honorable. Seuls le président et le chef du personnel connaissaient ses antécédents pénaux et ils lui dirent que mieux valait que les autres n'en sachent rien. Ils lui suggérèrent de dire avoir travaillé à l'étranger. Il était bien traité et il était heureux. Alors il se décida à quitter son appartement et à s'installer avec moi. Mais il voulut partager toutes les dépenses.
Il était très gentil. J'étais bien avec lui. Physiquement aussi, il s'était habitué à la pénétration et y prenait désormais du plaisir. Il était de plus en plus joyeux et serein. Il me demandait parfois de l'emmener dans des endroits gays. Lorenzo était vraiment très beau garçon, et beaucoup me l'enviaient. Mais lui, même s'il commençait à se faire des amis, n'avait d'yeux que pour moi. Paolo m'a dit un jour, et d'autres par la suite, qu'il crevait les yeux que Lorenzo était fou de moi. Et moi de lui.
Paolo entre temps avait trouvé un amant. Au début je fus surpris : c'était un homme de quarante-six ans vingt-six de plus que Paolo. Il l'avait rencontré dans un bar gay. Mais en le connaissant, je vis que c'était un homme remarquable et qu'il aimait vraiment Paolo, alors je fus rassuré. J'avais à l'égard de Paolo une attitude presque protectrice, réalisais-je à cette occasion. Paolo dit à ses parents qu'il était gay (un drame au début, puis ils s'y firent) et il alla vivre chez Stefano, son homme.
Stefano était avocat, il avait un très bel appartement et il était riche, mais sans ostentation. Nous sommes devenus amis. Paolo voulut continuer à travailler au kiosque et Stefano n'eut rien contre : il voulait vraiment que Paolo se sente libre de faire ce qu'il souhaitait. Il n'était pas beau, Stefano, du moins pas à mes yeux, mais c'était un homme très agréable. Et surtout ils s'aiment tous les deux, ce qui faisait chaud au cœur rien qu'à les voir. Stefano avait un peu tendance à gâter Paolo, lequel n'en profitait jamais. Un très beau couple. Alors ça m'a fait plaisir quand Stefano a dit de Lorenzo et moi que nous étions un couple parfait.
Oui, je me sentais incroyablement bien avec Lorenzo. Plus le temps passait, mieux j'étais avec lui. Et lui avec moi. Au début, quand il me parlait d'une collègue sympathique ou d'une belle fille qu'il avait rencontrée, j'étais un peu inquiet, mais ça m'a vite passé, d'ailleurs en partie parce que Lorenzo me disait toujours tout, tout ce qu'il pensait, ce qu'il sentait, ce qu'il lui arrivait, alors je savais ne pas avoir à craindre que quelque chose arrive et menace notre relation, en tout cas pas quelque chose que je pourrais ignorer.
Nous avons fêté nos deux ans de vie commune. Stefano fit une fête pour nous chez lui et nous y avons invités quelques amis : nous étions une dizaine. Lorenzo était heureux et ému, il ne s'attendait pas à une si belle fête. Et nous avons échangé des alliances. C'est lui qui l'avait voulu et j'en étais heureux : ce n'était qu'un symbole, mais au fond l'homme vit de symboles. Et là c'était le symbole que lui voulait se lier à moi définitivement.
Chez nous le soir, nous allions nous coucher quand Lorenzo m'a demandé : "Tu es heureux, Alberto."
"Oui, très... et toi ?"
"Immensément. Je ne croyais pas qu'un tel bonheur puisse exister et c'est à toi que je le dois. Je n'aurais jamais cru, la première fois qu'on a fait l'amour, là-bas, que ce serait aussi beau. Ni même quand j'ai commencé à comprendre que c'était de l'amour que j'éprouvais pour toi. Je suis heureux d'être à toi, je suis heureux que tu sois à moi. Et puis, physiquement aussi, je me sens pleinement épanoui, avec toi. Tu me plais à en crever et j'aime te plaire."
"Prends-moi, mon amour."
"Oui, et après toi aussi tu me prendras encore et encore... Je ne vais pas te laisser dormir, cette nuit."
"Mmmh, l'idée me plait." Je lui ai répondu et je l'ai embrassé.
Il ne mentait pas. On n'a pas fermé l'œil. Quand nous étions trop excités, nous nous arrêtions, avec de légères caresses, jusqu'à être en mesure de recommencer à faire l'amour sans arriver à l'orgasme. J'aimais la façon joyeuse et passionnée dont Lorenzo faisait l'amour avec moi. Nous ne nous sommes laissés aller à la jouissance qu'au matin quand il fut, malheureusement, l'heure pour nous deux d'aller travailler. Et pourtant le lendemain je n'ai senti aucune fatigue. Je repensais à cette longue nuit d'ébats fougueux et tendres, et j'étais heureux. Je repensais à son corps merveilleux, à son membre puissant, à son cul ferme et accueillant et j'étais excité. J'avais hâte que le soir arrive pour qu'on recommence. Deux ans avaient passé et j'avais à la fois l'impression qu'on était ensemble depuis toujours et celle que c'était la première fois, avec le plaisir de la découverte de l'autre. Notre relation ne comportait ni habitudes ni routine ni lassitude. Loin de là.
Mais ce qui me donnait le plus de bonheur était de savoir que je le rendais heureux.
Souvent je me demandais : mais Lorenzo, il est vraiment gay ? Ou bi ? Ou quoi ? Au fond ça n'était pas vraiment d'important, l'important était que nous semblions faits l'un pour l'autre et que nous l'avions compris. Je crois qu'il ne faut pas trop analyser le bonheur.
La relation de Stefano et Paolo se portait bien, elle aussi, mais sur d'autres bases que la nôtre : eux, de temps en temps, mais rarement, s'accordaient des incartades, sans se les cacher, ou même faisaient l'amour à trois avec une conquête occasionnelle. Je n'aurais jamais pu. Mais chacun est comme il est et de toute façon l'important est qu'ils soient heureux tous les deux.
Je n'étais pas jaloux de Lorenzo, en partie parce qu'il ne m'en donnait aucun motif. Mais, je me demandais : comment réagirais-je s'il me disait avoir eu une aventure ? Je crois que ça me ferait mal, mais ce n'est pas sûr. Au fond, ce qui importe vraiment, n'est-ce pas qu'on s'aime vraiment bien ? Bien sûr, s'il avait eu une aventure je me dirais que Lorenzo avait besoin de quelque chose que je ne pouvais pas lui donner et ça m'aurait attristé. De toute façon, il n'y en eut jamais la moindre éventualité et mes pensées étaient vraiment oiseuses et inutiles.
Lorenzo non plus n'était pas jaloux de moi. Il avait toute confiance en moi. Et ce n'était pas moi qui aurais trahi cette confiance.
Un jour Stefano nous a traités de couple à l'ancienne, ce qui ne m'a en rien déplu. Voir autour de nous des couples se faire puis se défaire m'attristait pour mes amis. Ils ne savaient pas comme c'était bon de se sentir si libre qu'on pouvait tranquillement dire non aux occasions alléchantes qui se présentaient. Ce n'était pas que nous ayons décidé de ne pas nous trahir, simplement l'idée de pouvoir le faire avec un autre ne nous effleurait même pas. C'était spontané, sans effort ni peine. Et cela me semblait merveilleux.
Bien sûr, parfois la vie nous met dans des situations imprévues et on ne peut pas décider à l'avance comment agir, justement à cause de l'imprévu. Ça je l'ai bien compris. Et mon Lorenzo aussi, même s'il lui a fallu souffrir pour le comprendre. Il a une sensibilité extraordinaire, Lorenzo, une sensibilité que, quand on s'est connus, il a su dissimuler, parce qu'en tôle il faut avoir la peau dure pour survivre, mais qui est complètement ressortie dehors pendant notre vie commune.
On pourrait croire que c'est mon engouement pour Lorenzo qui me fait parler si bien de lui ; se peut-il qu'il soit sans défauts, ce Lorenzo ? Bien sûr qu'il en a, comme nous tous. Mais ce sont des broutilles à côté de sa beauté intérieure.
Nous ne nous sommes jamais disputés. Quelques désaccords, évidemment, mais toujours dépassés et clarifiés grâce à l'amour qui nous unit. Et grâce au fait de nous dire tout de suite et avec extrême sincérité s'il arrivait que quelque chose en l'autre nous déplaise ou nous trouble. Et le désir réciproque de faire se sentir bien l'autre, de vivre pour le bonheur de l'autre. La perfection n'est pas de ce monde, dit-on, mais je crois que nous nous en sommes approchés autant qu'il l'est possible aux humains.
La vie, on le sait, n'est jamais un jardin de roses, mais si on la cultive bien, elle reste quand même un merveilleux jardin, surtout quand on y est deux. L'amour est une force grande, extraordinaire, mais l'amour se cultive avec soin et patience. Soin et patience que nous avions tous deux, grâce au ciel.
Et, après tant de roses, venons-en aux épines : des épines qui ne durèrent pas trop, quoi qu'il en soit.

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Un cahier de prisonnier (8/12) de Andrej Koymasky
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