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 Chapitre 1 - "Pâques"

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Masculin Balance Dragon
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MessageSujet: Chapitre 1 - "Pâques"   Mar 19 Mai - 18:29

1. Pâques


En ce matin de Pâques, Yves se rend à la Messe au village, sautillant d'un pied sur l'autre, car il est en avance et a le temps de faire des galipettes et de traîner un peu...

Il n'est qu'à cent mètres de chez lui quand il est intrigué par un bruit de branche brisée sur sa droite, dans le petit bois qui est une chasse du Comte de Saint-Marin, le maire du village. Un cerf, une biche, ou même un autre animal de la forêt, comme ce renard aperçu encore la veille qui rodait et qu'il rêve d'apprivoiser ? C'est qu'il vient de lire « Le petit Prince » d'Antoine de Saint-Exupéry, livre qu'il vient de recevoir pour ses seize ans tous frais émoulus, même s'il ne les paraît pas, petit comme il est de taille, il a l'air d'en avoir que quatorze...

Il s'écarte donc de la route principale et pénètre dans ce bois qu'il connait bien pour y jouer parfois avec son cousin Pierre, qui a un ans de plus que lui, et qui doit l'attendre à l'église car ils sont tous deux grands enfants de choeur.
Entrant donc dans le bois de manière intrépide, mais prudente pour ne pas effrayer le gibier espéré, Yves fait quelques pas, s'enfonçant dans les fourrés silencieusement, espérant voir ce gibier qui a fait ce bruit incongru. Il remarque d'ailleurs subitement que les oiseaux se sont tus, et sait que cela est signe d'une chose inhabituelle dans le bois : ce n'est donc pas du gibier, avec lequel ils sont en symbiose...

Yves n'a pas le temps de s'inquiéter vraiment qu'un bras l'a entouré pour l'immobiliser, tandis qu'une main puissance lui ferme la bouche pour l'empêcher de crier :

- Ne crie pas, gamin, et je ne te ferai aucun mal, d'accord ?
- Mmmmh... fait Yves en marquant son accord avec sa tête.
- Tu ne te débattras pas non plus, ok ?
- Mmmmh... fait encore Yves en acquiesçant.

L'homme a qui appartiennent ces bras puissants le retourne alors vers lui, et Yves est d'abord presque effrayé par ces joues mangées d'une barbe noire et drue, tandis que des yeux, tout aussi noirs, le vrillent jusqu'à l'âme.

Yves, de taille normale pour son âge, même avec sa figure poupine, l'est quasi autant que l'homme des bois :

- Je te fais confiance, garçon, car je ne suis pas mauvais et ne te veux aucun mal, mais je dois me protéger, tu comprends ?
- C'est vous le gars en cavale dont on parle à la télé ?
- Peut-être...  sourit maintenant le gars qui semble déjà plus sympa. Que dit-on de moi ?
- Si c'est vous, on dit que vous vous êtes évadé de la prison qui est à dix kilomètres d'ici au moins, non ?
- Et si c'est comme ça, vas-tu me dénoncer ?
- Ma foi, ça dépend, répond l'ado, mais après tout ce ne sont pas mes affaires... Si vous me relâcher, je peux vous promettre que je ne vous trahirai pas.
- Peut-être, il faut voir... répond le gars. Pourquoi te ferais-je confiance ?
- Parce que je suis un enfant de choeur de notre village, et que je n'ai qu'une parole, je vous jure ! fait Yves d'un ton sérieux.
- Ok, admettons, sourit à nouveau le gars. Tu sais donc que je m'appelle Raymond Renard, mais toi, je ne connais pas ton nom ?
- Je m'appelle Yves... Yves Constant, précise l'enfant après une hésitation.
- Et que fais-tu par ici ? Où allais-tu ?
- J'habite tout près d'ici, la maison qui est à côté du bois, et je vis là avec ma mère. Je me rendais à l'église car c'est le dimanche de Pâques et je suis enfant de choeur, comme je vous ai dit.
- D'accord. Oui, j'avais oublié que c'était Pâques aujourd'hui... Et bien, Yves, j'ai envie de te faire confiance car tu sembles un bon garçon.
- Merci monsieur... sourit Yves soulagé.
- Appelles-moi Raymond, ou simplement Ray, comme mes copains. Veux-tu être mon copain ?
- Oui, mons... pardon Ray, pourquoi pas ? Je vous trouve plutôt sympa...

Yves commence à trouver l'aventure excitante. Vous vous rendez compte ? Un vrai bandit qui lui fait confiance et va le relâcher alors qu'il le tient à sa merci !
Après tout, il aurait aussi bien pu le tuer, et même le violer, comme on voit dans les films à la télé, non ? Au lieu de ça, il lui fait confiance et lui demande d'être son copain !

- Tu es d'accord, Yves ? Tu ne me dénonceras pas aux autorités ?
- Bien sûr que non ! C'est chouette d'avoir un copain bandit...

Le mot est parti trop vite, et Yves en rougit tandis que sa main couvre sa bouche comme s'il voulait rattraper le mot malheureux. Mais plutôt que le fâcher, le mot semble beaucoup amuser Ray qui s'esclaffe, tout en s'empêchant de rire trop haut de peur que quelqu'un passe sur la route.

- Tu es trop drôle, mon garçon ! Mais soyons concrets une minute : j'ai besoin d'aide car je ne puis courir ainsi les bois tout le temps. Il me faut donc une planque, ou si tu préfères un endroit pour me cacher. Tu connais ça ? Il faut aussi que je puisse manger car je crève de faim...
- Oh, il y a ce qu'il faut chez moi, Ray : la remise au fond du jardin est pleine de bazar, mais elle est bien sèche et me sert de cabane de jeux. Ma mère ne sera donc pas étonnée si je m'y rends pour te donner à manger et que j'y passe du temps : j'y suis presque tout le temps pour lire, par exemple ! J'y ai même déjà dormi.
- Mais n'y va-t-elle pas, dans cette remise ?
- Oh, très rarement. Pour chercher un outil de jardin parfois, si je ne suis pas là, mais c'est tout. Vous pourrez la voir arriver et vous cacher, au besoin : il y a une fenêtre avec un rideau, et même des volets car c'est comme un petit chalet de montagne.

Le garçon semble fier de parler de son domaine de prédilection, et son vouloir de partage semble de bon augure à Raymond qui ne craint donc plus de relâcher celui qui aurait pu devenir sa victime s'il l'avait fallu. Il renvoie donc l'ado à ses occupations :

- D'accord, je te fais confiance, et je m'arrangerai pour trouver ta remise tout à l'heure, mais file vite maintenant car ton retard risquerait d'intriguer je suppose.
- Oui, c'est vrai, et le curé n'aime pas ça ! Je file donc, mais attendez que ma mère sorte quand les cloches sonneront pour la messe, ainsi vous pourrez vous rendre dans la remise sans risque. Il y a un passage dans la haie. Je vous reverrai là-bas aussitôt que possible... Ah oui, j'oubliais : il y a des biscuits et des gaufres dans une boîte de fer dans une vieille armoire, vous verrez : faites comme chez vous !

Sur ces mots, Yves rejoint la route distante de quelques mètres seulement et se met à courir pour rejoindre l'église aussi vite que ses jambes le lui permettent.
Arrivé à deux cents mètres environ, il ralentit car son coeur bat la chamade et voit son cousin sur le seuil de la sacristie à l'attendre en aube :

- Eh bien, qu'est-ce que tu foutais ? Le curé n'est pas heureux car il voulait nous redire les choses spéciales qu'il y a à faire aujourd'hui. D'où sors-tu ?
- Mais de chez moi, pardi ! Je me suis mis en retard car j'avais des coliques au moment de partir, mentit Yves rougissant au curé qui venait d'apparaître derrière le cousin Pierre.
- Ah te voilà, Yves ! Il est temps mon garçon ! Viens donc vite enfiler ton aube que je vous explique ce qu'il y a de spécial aujourd'hui... Pierre, pousse donc sur le bouton des cloches pour appeler les gens, il est temps.
- Mais monsieur le curé, les cloches sont à Rome ! répond un Pierre ébahi.
- C'est vrai, où ai-je la tête ! Elles ne reviennent que tout à l'heure pendant le Gloria ! Cela fait d'ailleurs partie des gestes que tu devras faire tantôt, car il faudra les lancer à toute volée quand la chorale entamera ce Gloria...


Tandis que le prêtre explique aux deux garçons ce qu'ils auront à faire, Yves a vite fait d'enfiler son aube tandis que Pierre l'aide à nouer le cordon qui lui enserre la taille, le curé lui tendant la croix qui pend au bout de sa petite chaîne qu'il portera autour du cou. Pierre n'est pas plus grand qu'Yves, mais plus enveloppé que lui.
Les garçons rejoignent ensuite deux autres enfants en aubes, plus jeunes, qui sont déjà installés gentiment dans le choeur de l'église paroissiale, tandis que les fidèles arrivent un à un ou par petits groupes familiaux pour s'installer à leur tour, généralement à la même place qu'à leur habitude.
Le Maire a son banc réservé, bien sûr, car les Saint-Marin sont de ce village depuis toujours sans doute, et lui a donné son nom...


A quelque distance de là, Ray s'est approché, toujours à l'abri du bois, de la maison d'Yves, désignée par ce dernier et quelque peu isolée des autres, plus proches du village.
Il a pu voir, il y a un moment déjà, une jeune femme très jolie en sortir et se hâter vers le village distant d'un petit kilomètre environ.

Ne partait-elle pas au son des cloches ? se demanda Ray.

Mais en y réfléchissant, il se dit qu'à Pâques, après tout, on disait que les cloches étaient à Rome non ? Ce souvenir de jeunesse était lointain, mais il remontait à la surface en cette circonstance : lui-même aussi avait été enfant de choeur, après tout ! Il s'en souvenait comme l'écho d'une « autre vie », bien lointaine à présent...

La jeune femme était loin maintenant, et il pouvait tenter une sortie. C'est alors qu'il remarqua le passage dans la haie qui devait servir à Yves pour passer du jardin directement dans le bois dont ce dernier avait parlé, et il sourit au souvenir de ce charmant garçon à qui il était peut-être un peu fou de faire confiance, mais se sachant traqué et n'ayant pas mangé depuis trois jours, il fallait bien qu'il se planque quelque part, non ?

Après tout, le pire qui pouvait arriver à présent, c'est qu'il soit repris et remis « en cabane » ! Avoir eu trois jours de liberté lui avait déjà été une belle aventure dans sa vie de renégat.

.../...


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MessageSujet: Re: Chapitre 1 - "Pâques"   Mar 19 Mai - 18:30

.../...

Ayant repéré la fameuse remise-chalet au fond d'un jardin bien entretenu et à l'ombre d'un grand pommier en fleurs, Ray fit jouer la clenche qui s'ouvrit et la porte s'effaça sur un espace encombré, certes, mais assez bien rangé, quoique abritant nombre d'objets disparates : cette remise devait servir aussi de grenier en quelque sorte !
Un vieux divan recouvert d'un plaid écossais pourrait lui servir de couche, tandis qu'un vieux et vaste fauteuil de cuir lui servirait d'observatoire, près de la fenêtre d'où l'on pouvait observer la maison et les éventuelles allées et venues. Se sachant seul dans l'instant, il continua son inspection et, ouvrant une grosse armoire de chêne qui avait dû faire le bonheur d'un aïeul, il trouva sur une planche une boite de fer à biscuits, comme promis par Yves, et se mit à dévorer son contenu sans demander d'autre avis...

Continuant son inspection, il remarque qu'un vieux tapis recouvre le sol, et il ne sait pourquoi il fait cela, mais il en soulève un coin et s'aperçoit qu'il y a comme un plancher, et soulevant plus, voit un anneau qui doit ouvrir une trappe. Intrigué, il soulève la moitié du tapis et constate qu'en effet, une trappe se trouve là-dessous : peut-être une bonne cachette en cas de danger ?

Il soulève donc la dite trappe et voit un escalier qui conduit à une espèce de cave qui doit être aux dimensions du chalet, soit assez vaste tout de même, puisque environ quatre mètres sur six : c'est plus que la cellule qu'il occupait dans sa prison pourrie !
S'il peut voir tout cela, c'est parce qu'il a découvert un interrupteur à l'entrée de la cave, qu'il a actionné en descendant l'escalier. Quelle découverte ! C'est vraiment la planque idéale ! Pourquoi le gamin ne lui en a-t-il par parlé ?
Mais c'est vrai que leur dialogue avait été un peu court...

Bon, il lui faudrait trouver un système pour que, en cas d'alerte, il puisse se cacher ici et que le fauteuil, par exemple, soit placé sur la trappe de façon à ce que personne n'aie l'idée d'aller le chercher là-dessous : il faudrait arranger cela avec Yves... du moins si celui-ci ne l'avait pas déjà vendu aux flics.

Cette cave est étonnante. Bien sèche, elle semble avoir été construite comme un abri antiatomique, et recèle un frigo débranché, une étagère avec des conserves, et même un wc chimique derrière une petite cloison faisant office de cabinet de toilette ou une étagère supporte un bassin et un broc d'eau surmonté d'une petite armoire de toilette. Le mobilier est complété par un solide divan-lit style « clic-clac », une table, une armoire étroite contenant du linge, et quatre chaises.
Il règne là une propreté étonnante, comme si quelqu'un venait là pour entretenir les lieux. Peut-être Yves ou sa mère, ou même les deux ? Il faudrait qu'il interroge le gamin...

A propos de gamin, il ferait peut-être bien de remonter et d'observer les allées et venues car, son inspection terminée, l'heure de la messe doit être également passée et celui-ci va sans doute bientôt rentrer.
Il peut imaginer qu'il reviendra avec sa mère, et là, ce sera le test : s'il parle, sa mère alertera sûrement les autorités et c'en sera fini de sa cavale, sinon, eh bien l'aventure se poursuivra quelque temps encore. Regardant sa montre, il constate qu'il y a près d'une heure et demie que le gamin l'a quitté pour courir vers l'église. Ils ne vont donc pas tarder.

Remontant aussitôt, il remet tout en place, comme si de rien n'était, et s'assied dans le fauteuil près de la fenêtre où un vieux rideau en voile le cache à la vue extérieure mais lui permet d'observer parfaitement si quelqu'un vient...

Il se passe encore une demi-heure environ avant qu'il n'aperçoive le gamin dans le jardin, se dirigeant vers lui et son repaire. Apparemment, il est bien seul et ne l'a donc pas trahi. Il se cache cependant derrière l'armoire d'où il a extrait un vieux tapis et quelques brosses qu'il a disposés autrement pour se faire une cache.

Yves entre alors, l'air inquiet, et refermant soigneusement la porte derrière lui interroge :

- Vous êtes là, Ray ?
- Oui mon gars, je suis là... dit l'autre en se montrant.
- Ah, que je suis content, fait Yves, son visage s'illuminant. J'avais peur que vous ne vous soyez pas fié à moi.
- Au contraire, mon gars, tu as mon sort entre tes mains, et tu vois que je t'ai fais confiance puisque je suis là. Dis-moi, qu'est-ce que c'est que cette cave là en dessous ? demande-t-il en montrant du pied l'endroit sous le tapis.
- Quoi, vous avez déjà découvert ma cachette secrète ? Vous êtes fort vous alors ! s'exclame un Yves déçu. Je voulais vous en faire la surprise !
- D'abord, essaie de me dire « tu », et puis, tu oublies que je sors de tôle et suis un peu méfiant, alors j'inspecte les lieux quand je suis dans un endroit nouveau.
- Mais même ma mère en ignore l'existence, et vous... pardon, et toi, tu as trouvé tout de suite !
- Bah, je n'ai pas de mérite, je suis curieux de nature. Mais comment cela se fait-il que ce soit dans un tel état de propreté ? C'est toi qui soigne cette cave ainsi ?
- Moi, et parfois aussi mon cousin : c'est le seul à qui j'ai confié le secret, mais il a juré sur la croix qu'il ne le révélerait jamais. Ma mère a l'habitude, quand il vient, que l'on s'enferme ici sans faire attention à nous et nos jeux...
- Quel âge a ton cousin ? Tu es sûr de lui ?
- Il a seize ans, presque dix-sept, et moi quinze, mais je suis sûr de lui comme de moi. Il s'appelle Pierre et fait tout ce que je lui dis : c'est moi le chef !

Les yeux du gamin brillent d'un air malicieux et son visage rayonne tandis qu'il parle ainsi de son cousin qu'il semble vénérer. Sans doute n'a-t-il pas de meilleur complice de jeux que lui ?

- Tu es grand pour ton âge ! Tu n'as pas d'autres copains de jeux qui viennent ici te rejoindre ?
- Non, rassures-toi : il y en a bien un ou deux qui viennent parfois, enfants de choeur comme moi et plus jeunes, mais ma mère n'aime pas trop et généralement il n'y a que Pierre qui vienne, et il est le seul à part moi à connaître la cachette.
- Mais explique-moi comment il se fait que cette cave existe ?
- Maman a racheté cette vielle maison avec tout dedans à la mort du vieux militaire qui y vivait. C'était un vieux cousin de maman.
- Il n'avait donc pas d'autres héritiers ? Elle a un frère non, puisque tu as un cousin ?
- Il paraît que non, c'était un vieux célibataire, m'a dit maman et un vieux cousin à elle : elle a donc hérité à condition de payer ses dettes si j'ai bien compris. Comme mon papa était juste mort accidentellement vers ce moment là, maman a décidé de quitter la ville où elle n'avait pas d'emploi, et est venue s'installer ici avec moi car je n'avais que cinq ans. J'ai commencé l'école primaire ici l'année suivante. Depuis, elle a tout retapé et je l'ai un peu aidé. Mon oncle n'est que le demi-frère de maman, par alliance il paraît, mais je ne vois pas la différence...
- De sorte que toi, tu n'as pas d'autres souvenirs que d'ici ?
- Oui c'est ça, car je me souviens très peu de papa et de la ville. Cette cabane, maman n'y venait jamais, sauf pour y ranger quelques outils de jardin : c'est moi qui l'ai rangée complètement avec mon cousin Pierre vers mes sept ans, et ce n'est que deux ans plus tard que j'ai découvert par hasard la trappe vers la cave en voulant nettoyer un peu mieux le vieux tapis qui est là depuis toujours. Je l'ai nettoyée et rangée en faisant jurer à Pierre d'en garder le secret.
- Dis donc, c'est pire que Robinson Crusoé ton histoire ! sourit Ray.
- Peut-être, je ne connais pas bien, mais j'en ai entendu parler...
- Je te raconterai si tu veux à l'occasion.
- Tu vas rester alors ?
- Pour l'instant oui, car je n'ai nulle part où aller... si tu veux bien de moi ?
- Oh oui, tu seras pour moi comme le Renard du Petit Prince, tu connais ?
- Heu, oui... mais il y a longtemps que j'ai lu ça !
- Je te le prêterai, si tu veux : je l'ai reçu pour mon anniversaire, il y a quelques mois déjà, mais je l'ai seulement lu ces jours-ci.
- D'accord, c'est gentil à toi. Et tu vas aussi t'arranger pour me nourrir ?
- T'inquiètes : je chipe régulièrement des boîtes de conserves à maman pour cacher en bas. Tu ne mourras pas de faim !
- J'ai vu ça, en effet ! Dis donc, t'es un petit débrouillard !
- Ouais, je sais : mon cousin le dit toujours. Mais nous ne lui dirons rien car il est un peu balourd et serait capable de vendre la mèche sans le vouloir...
- Ok, ne lui dit rien surtout : ce sera notre secret à nous deux, d'accord ? Et ton cousin, tu ne vas pas l'avoir sur le dos durant ces vacances de Pâques ? Car tu es en vacances je suppose ?
- Oui, nous avons quinze jours devant nous, c'est fameux, non ? Mon cousin ne viendra pas car il part demain pour un camp de vacances où mon oncle a voulu l'inscrire, mais c'était trop cher pour maman et je reste ici... Je suis bien content maintenant ! Et comme maman travaille la journée, nous serons bien tranquilles, tu verras. Mon cousin ne viendra que la deuxième semaine sans doute ?
- D'accord. Et à quoi allons-nous passer notre temps ?
- Si tu veux, nous allons perfectionner la cache en bas pour que tu puisses t'y sauver des fois que les gendarmes se mettraient à chercher par ici. Ils sont déjà passés en vitesse, mais pas de manière approfondie...
- Ok, mais tu as raison, ils peuvent revenir et chercher plus à fond à tous les endroits où un fugitif pourrait se cacher : ta cabane sera alors visitée !
- On trouvera bien un moyen ! Mais aujourd'hui, je dois aller rejoindre ma mère qui prépare le dîner de Pâques pour mon cousin et ses parents.
- D'accord, mais ton cousin ne risque pas de venir ici ?
- Si, justement, après le dîner, nous avons l'habitude de jouer au jardin, et si le temps est à la pluie, comme maintenant, nous nous réfugions ici. Mais t'inquiètes pas, je viendrai te rejoindre ce soir avec les restants du dîner : en attendant, il faudra que tu te caches en bas, ça va ?
- D'accord, je vais descendre : j'ai vu que tu avais laissé traîner quelques bandes dessinées, ça me passera le temps...
- Je vais placer le fauteuil sur la trappe, comme ça on ne soupçonnera rien, n' aie pas peur.
- Ok, je descend alors, et je compte sur toi pour ce soir. Ne m'oublie pas car j'ai encore faim, malgré que j'aie vidé ta boite à biscuits...
- T'inquiètes pas. Et vide une conserve ou deux si tu veux en bas : elles sont là pour ça.
- Parce que tu reçois beaucoup de gars comme moi ici ? blague Ray.
- Bien sûr que non ! rigole à présent Yves.

Ils mettent alors leur plan en oeuvre, et après quelques minutes, personne ne soupçonnerait la présence de quiconque sous le tapis, le fauteuil poussé là.

En bas, Ray laisse la lumière et s'étend un peu sur le canapé-lit qui lui semble très confortable et pourra lui servir de lit, grâce à « ce diable de grand gamin » pense-t-il en souriant.

En haut, Yves jette un dernier coup d'oeil sur la pièce avant de refermer la porte et de filer vers la maison pour aider sa mère en mettant la table pour le dîner festif du jour.
D'habitude, il adore ces réunions familiales, mais aujourd'hui il se serait bien passé de ce repas interminable où seuls les adultes ont vraiment le droit à la parole, tandis qu'il parle à son cousin par signes et chuchotements.


Dernière édition par Admin le Jeu 3 Déc - 20:38, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Chapitre 1 - "Pâques"   Mer 20 Mai - 16:48

Waw, Tonton Koala, j'adore ton histoire !
Continues, s'il te plaît ?

Bises de Tony
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MessageSujet: Re: Chapitre 1 - "Pâques"   Dim 31 Mai - 0:17

Merci Tony pour ton appréciation !

J'espère que d'autres aussi auront apprécié ce début de (petit) roman et s'ils ne le disent pas maintenant, n'hésiterons pas à s'exprimer plus loin.

Amitiés de Gaikoala
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MessageSujet: Re: Chapitre 1 - "Pâques"   

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Chapitre 1 - "Pâques"
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